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MA
NUIT CHEZ OSCAR…
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Oui je l'avoue, j'aime le stress des stars, le strass et les paillettes. J'aime les oscars, moment magique qui mêle mon âme d'éternelle midinette et ma passion cinématographique. L'humour et le glamour, les belles robes et le 7eme art, le tapis rouge et les larmes : des Césars dynamisés, bien emballés et synonyme de rêve, une fois, par an qui réunissent le gratin du gratin prêt à se bisouiller et à s'admirer pour mieux se tirer dans le dos dès le lendemain (non, ca c'est les Français…). Et grâce aux oscars, je sais qu'au moins une fois par an, je vais me réveiller la nuit pour regarder sur mon petit écran autre chose qu' " Histoires naturelles " bien que le " peuple " hollywoodien représente une faune assez particulière qui nous conte des histoires pas très naturelles…
Il est donc trois heures quand, vaillante et courageuse, vêtue de mon plus beau pyjama de soirée (si, si ca existe !),je me réveille, prête à ingurgiter plus de quatre heures de surprise (qui n'en seront pas ), de larmes (très peu cette année, déception), de stars (même Brad et Jennifer sont là !).Bref quatre heures de sommeil en moins pour quatre heures de rêve en plus (si, si, ca vaut la peine). Même ma chère mère, habituée à mes folies cinephiliques, s'est levée, ravie d'entendre au beau milieu de la nuit et en vrac : que Angelina Jolie est vraiment folle, que Kevin Spacey est suspecté d'homosexualité, que Tobey Maguire est le meilleur ami de Leonardo Di Caprio,que les absences de Jim Carrey et de " Fight Club " sont deux injustices, qu'Hilary Swank,ma favorite, est apparue dans " Beverley Hills "…Eh oui 7eme art rime souvent avec bruits de couloir !
Et entre les différentes interventions du maître de cérémonie, Billy Cristal (on est d'ailleurs en droit de se de mander quand Georges Craven l'invitera aux Césars…. Non finalement, il vaudrait mieux changer les personnes présentes dans la salle) et du speaker, Peter Coyote, brillant acteur réduit au rôle de potiche, sont remis quelques prix (eh oui, quand même, c'est un peu le but du jeu…bien que l'attention de tous soit plus attirée par le possible accouchement d'Annette Bening en pleine cérémonie…) : pour avoir frôlé le détournement de mineur en pleine crise de la quarantaine dans " American Beauty ", Kevin Spacey oscarisé. Pour avoir été garçon et s'être fait violer dans " Boys don't cry ", Hilary Swank oscarisée. Pour avoir pratiqué l'avortement illégalement tout en sniffant de l'éther dans " L'œuvre de dieu, la part du diable ", Michael Caine, oscarisé. Pour avoir, en pleine folie, poussé au suicide une de ses camarades, Angelina Jolie oscarisée. Pour nous avoir offert LE meilleur film de SF de ses dix dernières années (ne prenons pas trop de risque), " Matrix " techniquement oscarisé. Pour nous avoir fait passer un mauvais goût (qui durait) nommé Céline D, Phil Collins oscarisé. Enfin pour nous avoir montré que l'autodérision est la meilleure chose que le cinéma américain sait faire, " American Beauty ", triplement oscarisé. Sans surprise mais largement mérité.
Un palmarès plutôt triste (des fous, des morts, des tueurs et des violés : bienvenu dans la vraie vie !) qui contraste avec l'hilarité du précédent ( " Shakespeare in love ", oscar du meilleur film…Une autre Billy ! Une autre !) mais pas aussi triste que la vision d'une Gwyneth Paltrow, en larme dans sa bonbonnière l'année dernière et bafouillant cette année sur ses trois lignes de prompteur...
Finalement " Tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil ", ca ne fait pas de mal de temps en temps mais une fois par an, c'est largement suffisant. Surtout qu'il y a plein d'autres occasions pour ne dormir que cinq heures par nuit…
Amandine Scherer