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POUR
TOM LE MAGNIFIQUE, RIEN N'EST IMPOSSIBLE
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MISSION
IMPOSSIBLE II
DE JOHN WOO
Le blockbuster outre-atlantique le plus attendu de cette saison estivale 2000 est enfin arrivé sur l'Hexagone. Mission : Impossible 2 débarque dans toute sa splendeur, accompagné de son fulgurant succès au box-office U.S.
Il y a quatre ans, le premier opus, d'excellente facture, avait provoqué la consternation, voire la haine, chez les fans de la série originale, tandis que les cinéphiles et les de palmiens appréciaient à leurs justes valeurs la virtuosité et la maîtrise technique du réalisateur le plus hitchcockien qui soit depuis la mort du grand Alfred himself. Un suspense continuel et sans faille maintenait le spectateur en forte haleine, suspense servi par des acteurs a priori un peu fades, mais dont la prestation se révélait a fortiori en parfaite adéquation avec le sujet traité. Un film d'espionnage requiert en effet, parfois, de la simplicité et un certain laxisme dans son ménagement de la tension dramatique.
Suite à la crise des puristes, indignés par la (sur)dose finale d'action et le non-respect à la lettre de la série, on ne pouvait que se délecter de leur réaction face à M : I-2 et en rigoler d'avance à gorge déployée : John Woo, maître du cinéma d'action hong-kongais, auréolé du succès public de son brillant Volte/Face, n'a jamais vu un seul épisode des aventures télévisées d'Ethan Hunt et de son équipe à toute épreuve. D'ailleurs, il s'en contrefout éperdument.
Si Cruise, acteur producteur intelligent et talentueux, judicieux dans le choix de ses rôles et de ses commandes, l'engage, c'est, certes, d'abord pour lui donner la partie belle mais aussi et surtout pour exploiter ses talents d'esthète. Les chorégraphies et le tempo du réalisateur sont uniques et inégalables, alors pourquoi se priver de ses services quand on en a les moyens (moraux et financiers) ?
Mission : Impossible 2 s'affirme, tout comme son prédécesseur, hitchcockien dans son approche du scénario et son respect outrancier du mac-guffin : le prétexte de base insensé pour dévoiler des prouesses et défis de scénographie est poussé à son paroxysme. Même les agents secrets et le chef de leur unité ne savent pas ce qu'ils cherchent, et quand ils le savent, la priorité actuelle réside désormais ailleurs.
Une histoire d'amour en toile de fond banale, classique, peu inspirée, au service de sa majesté Tom Cruise, qui ne ménage pas une énergie débordante, une forme éclatante. En témoignent la multitude de cascades (les plans rapprochés filmés au ralenti sur la paroi rocheuse au début s'imposent d'eux-mêmes) qu'il a tenu à effectuer de sa propre personne. Pour terminer, trente minutes d'action finales sidérantes, hallucinantes : John Woo confirme encore et toujours son génie des poursuites en motos, de la pyrotechnie, des armes à feu ou encore des bastons à poings nus.
M : I-1 et M : I-2 demeurent donc deux films d'auteur à part entière. Forts divergents dans leur mise en scène, leur complémentarité se proclame indéniable. Un troisième Mission : Impossible est déjà sur le feu. Si le réalisateur qui s'y attelle s'annonce de la trempe des Brian De Palma et John Woo, Tom le Magnifique risque bel et bien de détrôner Harrison Ford quant à la trilogie la plus prestigieuse de tous les temps (je pense, n'en déplaise à certains, à Indiana Jones et non à Star Wars).
The Dude
M : I-2 (Mission : Impossible 2). Etats-Unis (2000). Réal. : John Woo. Scén. : Robert Towne. Photo : Jeffrey L. Kimball. Mus. : Hans Zimmer. Prod. : Tom Cruise, Paula Wagner. Int. : Tom Cruise, Dougray Scott, Thandie Newton, Ving Rhames, Brendan Gleeson. Durée : 2 h 06.